L'ABC Atlas de la Biodiversité Communale

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La commune de Le Pin possède un territoire d’une grande diversité grâce aux nombreux milieux qui le composent (garrigue, forêt, cours d’eau…) ce qui suppose également une biodiversité remarquable. C’est pourquoi, un atlas de la biodiversité communale (ABC) est en cours sur le village. Cet ABC a pour but de connaître de manière plus approfondie la biodiversité, de sensibiliser la population à cette thématique et enfin, de protéger les milieux et la biodiversité associée. Ce projet est soutenu par l’Office Français de la Biodiversité (OFB) et réalisé en collaboration avec le CEN Occitanie, le COGard, le CPIE du Gard, l’association Gard Nature, le syndicat mixte des gorges du Gardon et également les associations de chasse et les commissions communales.

La connaissance de la biodiversité se fera à travers de nombreux inventaires dont certains participatifs. Pour ce qui est de la sensibilisation, de nombreux ateliers et animations verront le jour sur la commune. Et enfin, l’ABC permettra une réflexion et une prise en compte de la biodiversité dans les futurs projets tels que la protection de zones et d’espèces sensibles, l’aménagement des activités d’éco-tourisme, agricoles ou forestières.

 

« L'agroclimatologie, qui est ma spécialité, permettra de trouver des solutions, je l'espère, pour s'adapter aux changements climatiques.

On a longtemps pensé qu'il n'y avait qu'une seule solution, comme l'irrigation ou les OGM. En réalité, les solutions agricoles sont toujours très complexes, multiples et imbriquées entre elles. Il existe des solutions de biogéographie, d'aires de répartition des cultures, l'arrivée de nouvelles cultures venues du sud... Il y a aussi des solutions génétiques et paysagères. Je veux montrer que l'agriculture n'est pas simple et que c'est un ensemble de solutions qui permettront de lutter contre le changement climatique. […]

Un tiers des Français sont toujours climatosceptiques, comment l'expliquez-vous ?

Il y a une certaine forme de déni. J'essaie de faire comprendre qu'il y a deux problèmes : la temporalité et l'idée que "ça se passe ailleurs". Le problème de temporalité, c'est que le changement climatique est progressif sur toute une vie, et nous avons tendance à nous habituer à cette élévation des températures. Mais nos hêtres, nos chênes ne s'adaptent pas. Ils n'ont pas de maison, pas de climatisation. Ils ne peuvent pas entrer dans un centre commercial pour se rafraîchir, ils subissent et sont particulièrement vulnérables.

Le deuxième point, c'est l'idée que "ça se passe ailleurs". On pense toujours que cela touche les pays les plus pauvres, mais jamais son propre village. Pourtant, quand des feux de forêt se produisent, qu'une inondation survient ou qu'une mauvaise récolte est causée par la sécheresse, on réalise que le changement climatique nous affecte directement. »

vert

« En quoi les cultures en France sont-elles vulnérables au changement climatique ?

[…] le problème le plus urgent pour l’agriculture, c’est le manque de froid. Les arbres ont besoin de froid pour fleurir – on appelle ça la vernalisation. […] C’est simple : s’ils n’ont pas ces heures de froid, ils ne fleurissent pas et il n’y a pas de fruits. […]

Ensuite, il y a les canicules. Les excès de chaleur troublent les vaches laitières, font chuter leur appétit, et donc leur potentiel de production. […] Quand des canicules interviennent pendant les périodes de floraison, cela peut aussi mettre à mal les cultures. […]

Il y a aussi les sécheresses, qui s’accentuent avec le changement climatique […]

Le dernier point concerne le gel en avril. On observe qu’il fait doux de plus en plus tôt […] Alors oui, ça fait du bien d’aller boire une bière en terrasse en mars, mais il ne faut pas oublier l’impact négatif de cette douceur précoce sur les écosystèmes. Cela entraîne une floraison précipitée des arbres ou un retour prématuré des oiseaux, et tout ça est soumis à un risque de gel en avril qui peut avoir des conséquences néfastes.

Face à ces constats, la France peut-elle encore s’adapter ?

[…] La première solution qui s’offre à nous est de limiter les gaz à effet de serre de n’importe quelle manière que ce soit. 

Après, l’une des solutions d’adaptation les plus connues, c’est l’irrigation – attention, ça n’est pas magique et cela dépend entièrement du partage des ressources en eau sur le territoire. […]

Un autre point important : l’aire de répartition des cultures sur le territoire. […] Selon les climats (méditerranéen, montagnard, continental…), on cultive des produits différents dans diverses régions. C’est une grave erreur de continuer à produire les mêmes choses aux mêmes endroits. Adapter les aires de répartition, c’est la meilleure façon de prendre en compte l’évolution de notre climat. […]

Enfin, il ne faut pas oublier que le sol est l’une des solutions. Un sol en bonne santé absorbe les excès d’eau et la stocke convenablement quand il en manque. On peut aussi complexifier nos paysages pour ralentir l’écoulement de l’eau. […]

Le changement climatique est une grande menace, mais vous expliquez dans le livre qu’il porte aussi des opportunités, et notamment en matière d’agriculture. C’est-à-dire ?

[…] Avec le changement climatique, on peut envisager l’arrivée de filières du bassin méditerranéen (Espagne, Maroc, Italie) dans le sud de la France, ou d’espèces maraîchères et arboricoles dans le nord-est. Attention, car on ne pourra tirer profit de ces événements « positifs » que si on les anticipe et si on les provoque dès maintenant. […]

À la fin du livre, vous exprimez votre volonté de faire changer les choses. C’est-à-dire ?

Pour changer les choses, il faut comprendre pourquoi il faut les faire changer. Mon but n’est pas d’arriver avec des injonctions, mais avec des clés de compréhension. J’essaye d’être cohérent avec le terrain et la réalité économique et de montrer que ce problème peut devenir positif économiquement parlant – à la seule condition qu’on s’y prépare. »

Plan bio :

« Comment ces aléas, qui chaque année tendent à devenir plus fréquents, impactent notre paysage agricole ?

Ce qu’on a connu n’existe déjà plus : la ligne de climat méditerranéen remonte jusqu’à Lyon et Bordeaux, tandis que Paris s’approche du climat bordelais. La production agricole n’a d’autres choix que de suivre le mouvement. Les évolutions sont à la fois spatiales mais aussi temporelles avec des dates de floraisons de plus en plus précoces. A termes, la tomate va devenir de moins en moins adaptée aux chaleurs estivales dans le sud mais deviendra plus intéressante à cultiver au printemps, à l’automne voire même en hiver sous serre non chauffée. De façon générale, le sud va perdre en capacité de maraîchage l’été. Au profit de la Bretagne par exemple qui présente un fort potentiel de développement sur ce type de culture. […]

L’évolution des pratiques culturales est-elle aussi un axe à travailler ?

Il va sans dire. Il est essentiel de développer le recours à une production qui participe à la protection de l’environnement (l’agriculture biologique), des sols et du climat (agriculture de conservation et agroforesterie). Ces deux derniers modes de production sont encore confidentiels. Et pourtant on a besoin de préserver la biodiversité el la capacité des sols à stocker l’eau et le carbone. Et pour tempérer le climat de la parcelle, la plantation d’arbres et de haies est une méthode qu’on sait très efficace. Aujourd’hui, les politiques agricoles ne soutiennent pas ou pas assez ce type d’agricultures. Les décideurs doivent changer de logiciel sur le sujet. »

LeBimsa

« Les initiatives d’agriculteurs sont-elles insuffisantes ?

Ces agriculteurs ne peuvent développer seuls de nouvelles chaîne de production. Une branche agricole implique un tissu économique régional, une logistique, une reconnaissance et des labels […] Déjà sur le terrain, la remontée vers le Nord des espèces qu’on connaît déjà est notable : les abricots remontent vers Dijon, les cerises et les pêches aussi. Les impacts du changement climatique n’y sont pas que négatifs, ils apportent une diversification agricole. […]

Et les cultures dans le Sud ?

C’est différent. Dans certaines régions, il ne s’agit pas seulement d’adapter les techniques agricoles — réduire le labour, développer les couverts végétaux ou diversifier les variétés — mais bien de transformer les filières elles-mêmes. Ça devient urgent.

À part la vigne et l’huile d’olive, tout doit être repensé. C’est très coûteux. […]

L’agriculture y est-elle possible à long terme ?

Jusqu’en 2050 on aura un climat qui va de plus en plus être celui de l’Espagne. On ne peut pas dire qu’il n’y aura plus d’agriculture dans le Sud. C’est juste que nos filières, nos espèces ne sont pas adaptées. Si on les adapte, on aura de l’agriculture. »

Serge ZAKA, célèbre agroclimatologue, donnera une conférence sur la thématique de la ressource en eau, le 11 septembre 2026 à Le Pin.

Avant cet évènement, nous vous avons regroupé quelques informations intéressantes sur Serge ZAKA et la discipline de l’agroclimatologie.

Qu’est-ce que l’agroclimatologie ?

Il s’agit d’une science étudiant l’impact du changement climatique sur l’agriculture. C’est un domaine qui est très méconnu en France avec une absence de formation.

D’après Serge ZAKA, interviewé par le média vert, « l’agroclimatologie, c’est le fait de se demander si l’on pourra produire du camembert et s’il y aura toujours une production de lait en Normandie en 2070 ; s’il faut investir dans l’huile d’olive dès maintenant dans le sud-ouest de la France ; ou encore s’il faut remplacer le maïs par du sorgho sur certaines parcelles d’ici 2050. […] C’est du long terme, et ça fait intervenir des décisions socio-économiques et politiques pour anticiper l’évolution du climat. ».

Biographie Serge ZAKA

Serge ZAKA est docteur en agroclimatologie, président fondateur d’AgroClimat 2050 et l’auteur de l’ouvrage « Orage sur le climat » et de la BD « Docteur Zarge et l'agroclimatologie ». Il est également chasseur d’orage et a remporté le prix de la plus belle photo du monde en 2021. Il est surtout connu pour son engagement dans la vulgarisation scientifique. Il anime de nombreuses conférences et donne des interviews (500 en 2022). Il a plus de 100 000 personnes abonnées à son compte X.

Sources

https://reporterre.net/Serge-Zaka-en-croisade-contre-les-climatosceptiques

https://serge-zaka.com/a-propos/

https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/entretien-les-arbres-ne-peuvent-pas-entrer-dans-un-centre-commercial-pour-se-rafraichir-l-agroclimatologue-serge-zaka-face-au-rechauffement-climatique-3118972.html

https://www.plan-bio.info/serge-zaka-agro-climatologue-independant/

https://vert.eco/articles/serge-zaka-agroclimatologue-le-probleme-le-plus-urgent-pour-lagriculture-cest-le-manque-de-froid

https://www.terresinovia.fr/fr/actualites/interview-serge-zaka-agroclimatologue-president-dagroclimat2050

https://lebimsa.fr/agriculture/serge-zaka-lagriculture-nest-pas-prete-au-changement-climatique/

Interview au Journal l’Humanité : https://www.youtube.com/watch?v=sQdwtWkJKjo

Interview à Quotidien : https://www.youtube.com/watch?v=iFIwiJVwOGQ

Enquête sur les rapaces et chauves-souris de la commune

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : Tuesday, 02 June 2026